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Époque : Découverte et colonisation du Canada par la France (1534-1760)
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| Une des réprésentations traditionnelles de Jacques Cartier Source : Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1882. |
Les Français sont les premiers à prendre véritablement possession du pays. C'est sur le site de Gaspé que Jacques Cartier, en 1535 puis à nouveau en 1541, prend pied au Canada au nom de François Ier. Parti découvrir le passage du Nord-Ouest vers la Chine, le navigateur français découvre que le golfe du Saint-Laurent se prolonge par un fleuve, pénétrant à l'intérieur du Nouveau Monde.
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| La réprésentation traditionnelle de Samuel de Champlain d'après le tableau de Moncornet Source : Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-Français, 1882. |
Mais il faut attendre 1608, lorsque son compatriote Samuel de Champlain fonde Québec, pour parler de colonisation. Soutenue par Richelieu et l'Église catholique, qui y envoie de nombreux missionnaires, la Nouvelle-France est née.
Les établissements français, déjà intéressés par les ressources halieutiques, se concentrent le long des rives du Saint-Laurent et en Acadie. Mais le peuplement de ces deux ensembles reste modeste par rapport à celui des colonies anglaises du Sud: 3 000 habitants en 1660, 10 000 en 1685, 37 000 en 1734, 70 000 en 1765, alors qu'au sud, plus de 1 million de Britanniques peuplent déjà la Nouvelle-Angleterre (les futurs États-Unis). Leur faiblesse numérique n'enlève toutefois rien au dynamisme des colons; tournés à la fois vers l'Océan et l'Europe et vers l'intérieur du continent, les Acadiens (Poitevins, Vendéens et Angevins pour l'essentiel) entretiennent des rapports étroits avec les zones maritimes et lacustres (construction de digues, pêche).
Les Canadiens (le nom que se donnent les habitants français de la vallée du Saint-Laurent), pour leur part, vendent à la France des fourrures, des peaux et du bois, qu'ils se procurent à l'intérieur auprès des Amérindiens. La plupart des établissements permanents sont en fait des comptoirs à fourrures. La découverte de l'intérieur du sous-continent permet d'ouvrir de nouveaux accès de chasse et de "trappage". Ainsi seront découvertes les voies menant aux Grands Lacs, à l'Ontario (nom indien qui signifie "belle eau", pour désigner l'extrémité orientale des Grands Lacs).
L'encerclement des colonies britanniques par les Français et les conflits opposant les deux pays en Europe attisent les tensions en Amérique du Nord. En 1629, les Anglais prennent Québec (peuplé par une centaine de personnes), mais rendent la province aux Français trois ans plus tard (traité de Saint-Germain-en-Laye, 1632).
Le traité d'Utrecht (1713) leur livre l'Acadie (partie orientale de la Nouvelle-France), dont ils font la Nouvelle-Écosse, mais ils ne fondent Halifax qu'en 1749. Les conflits franco-anglais deviendront de plus en plus violents, tout d'abord en Acadie, où, en 1755, les Britanniques organisent la déportation (le Grand Dérangement) des Acadiens vers les colonies américaines.
Alors que la guerre de Sept Ans (1756-1763) oppose en Europe la France et l'Autriche à la Prusse et à l'Angleterre, cette dernière attaque la Nouvelle-France, qui, grâce au général Montcalm, résiste vaillamment (victoire du fort Carillon en 1758).
En 1759, l'Anglais Wolfe vainc Montcalm près de Québec (bataille des plaines d'Abraham); la bataille coûte la vie aux deux généraux. En s'assurant la maîtrise de la porte du Saint-Laurent, les Anglais en terminent avec la Nouvelle-France, qui capitule à Montréal, le 8 septembre 1760, à Montréal. En Europe, les armes sont également défavorables à la France qui, par le traité de Paris (1763), cède officiellement à l'Angleterre la Nouvelle-France et l'est de la Louisiane. Le 7 octobre 1763, la Nouvelle-France est divisée en plusieurs territoires. La région du Saint-Laurent, de Gaspé à la rivière Outaouais, forme la province du Québec.
Source du texte : Encyclopédie Hachette
Source des photos : Dictionnaire général du Canada
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