Vous verrez par la lecture du texte qui suit, que la séparation de l’Église et de l’État fut l’objet de discussions il y a plus de 1000 ans. Telle était la situation qui prévalait sous la Monarchie française en l’an 987. LeRoi Capécien fut le premier à inaugurer la séparation en ce sens.
" Le sacre, qui était pourtant l’élément essentiel de la consécration du Roi, n’était plus qu’une confirmation par l’Église de cette autorité paternelle que le Roi tenait directement de Dieu et dont il devait user, et rendre compte, pour faire régner la justice dans son royaume et protéger le faible contre le fort. Le Roi capétien inaugure en fait la séparation des pouvoirs temporels et spirituels qui devait trouver sa plus belle expression sous le règne de Laint-Louis. "
L’année qui commence [1987] va voir se multiplier, dans différentes villes de France, fêtes et commémorations en l’honneur du millénaire capétien. C’est en effet en 987 que Hugues Capet, arrière petit-fils de Robert le Fort, duc de France, était élu par ses pairs et surtout sacré roi de France par l’archevêque de Reims, Adalbéron. Si la France doit son titre de " fille aînée de l’Église " au baptême de Clovis et de son armée, en 496, par l’évêque de Reims saint Rémy, les dynasties mérovingienne et carolingiennes ne réussissent pas à créer une véritable patrie française. Ce fut la gloire du Capétien, qui descendait par les femmes tant des Carolingiens que des Mérovingiens, de forger l’unité des différents peuples de la Gaule dont César disait déjà qu’ils étaient le plus indiscipliné et le plus religieux des peuples. Qu’apportait donc ce nouveau Hugues Capet, propriétaire d’un tout petit domaine, en cet an de grâce 987 ? Tout d’abord l’avènement d’un pouvoir essentiellement familial où le fils aîné, sacré du vivant de son père jusqu’à Phillipe
Aguste hériterait de l’intégralité du royaume, évitant ainsi les divisions et les guerres civiles résultant du droit saxon. Par voie de conséquence, ce droit de primogéniture du fils aîné enlevait à l’Église sont droit de regard sur le choix du successeur du prince régnant. Le sacre, qui était pourtant l’élément essentiel de la consécration du Roi, n’était plus qu’un confirmation par l’Église de cette autorité paternelle que le Roi tenait directement de Dieu et dont il devait user, et rendre compte, pour faire régner la justice dans son royaume et protéger le faible contre le fort. Le Roi capétien inaugure en fait la séparation des pouvoirs temporels et spirituels qui devait trouver sa plus belle expression sous le règne de Laint-Louis.
Par ailleurs, à partir des Capétiens, les Rois de France abandonnent toute revendication à la succession à l’Empire de Charlmagne. Le Roi, en bon père de famille, a le souci exclusif du bien-être, de la justice et de la moralité du peuple qui lui est confié et auquel il a juré fidélité lors du Serment au Royaume. Et le Peuple a envers son Roi des sentiments filiaux qui ont toujours frappé tous les ambassadeurs des puissances étrangères en séjour dans ce pays.
C’est cette union remarquable de plus de huit cents ans entre une famille régnante et un peuple qui a créé la nation française, en a fait le soutien de l’Église et de la papauté et lui a assuré une remarquable stabilité tant qu’elle a été fidèle à cette alliance avec la Sagesse éternelle.
Car il semble bien qu’à partir du moment où la fidélité s’est altérée, la fécondité de la monarchie s’en est ressentie, confirmant ainsi les paroles du psaume: " Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons "