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2001-08-20

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  Sous quelles couleurs les Patriotes de 1837-38 se sont-ils
  rassemblés ?
La dernière édition du Journal La Nation publie une nouvelle intéressante à propos des couleurs du drapeau des patriotes.

Il y a une polémique qui existe sur les couleurs du drapeau des Patriotes.

Certains disent que les couleurs du drapeau des Patriotes étaient celles de l'Italien Garibaldi, vert-blanc-rouge (à la verticale) qui menaient des mouvements révolutionnaires en Italie en cette période. Les Patriotes, eux, pour se différencier du drapeau italien, orientèrent les couleurs à l'horizontale.

Et d'autres avancent que le vert du drapeau vert-blanc-rouge était pour identifier les Irlandais qui appuyaient les demandes des patriotes.

Qui, de ces deux groupes de pensée, a raison ?

Le Journal La Nation a trouvé un document qui prouve que les patriotes prirent le drapeau de la révolution française, le bleu-blanc-rouge comme signe de ralliement et emblème de liberté.

Voici le texte intégral du Journal La Nation :

Nouvel espoir

"La révolution de 1830 à Paris ranime l'espoir des Patriotes". Cette révolution française de 1830 ou la révolution de Juillet dans le long cheminement en France vers la république, la première révolution date 1789 et même à la fin du règne de Louis XVI, guillotiné en 1793. La première république amène Napoléon 1 er Bonaparte. Il est chassé pour remettre un roi Bourbon, Louis XVIII, frère de Louis XVI, sur le trône français suivi d'un dernier frère, Charles X. Celui-ci doit abdiquer en raison de son attitude autoritaire et a entraîné la révolution de Juillet (1830) où le peuple est fatigué des excentricités des rois.

"Ainsi en Amérique du Nord britannique, dans le bas Canada, les Canadiens rêvent peu à peu de l'indépendance et se lancent dans une résistance légale. La rébellion s'anime. Elle prend les nouvelles couleurs, le bleu-blanc-rouge que Louis-Philippe 1er d'Orléans a adopté en France. Alors aux yeux des Patriotes, ce nouveau drapeau est un signe de ralliement et l'emblème de liberté. Dès ce moment, l'engouement républicain bat son plein chez les jeunes canadiens".

"En France, la tournure des événements fait changer de roi qui passe des Bourbon aux Orléans. Par contre, au Canada, colonie britannique, les choses ne tournent pas dans le sens souhaité. Plusieurs des révolutionnaires ou patriotes sont soit déportés en Australie ou encore pendus au Pied-du-Courant, à Montréal, de 1839 à la fin de 1840. Est-il besoin de dire que la révolution a avorté ?"
Sources : John Hare, Les Patriotes 1830-1839, Édition Libération, Ottawa, 1971, p. 27, note 1.

La victoire de Saint-Denis fut la seule qui suivit le drapeau français ; les désastreuses batailles de Saint-Charles et de Saint-Eustache achèvent de mettre en déroute ce noyau de braves qui combattaient sans arme, sans préparatifs, sans entente et sans chef.
Source : (Selon Jodoin & Vincent dans Histoire de Longueuil et de la famille de Longueuil, 1889).



Sur le triomphe de Tracey et Duvernay, anonyme.

"Il faut la révolution et la séparation de l'Angleterre", s'écrie un ami de Duvernay.

C'est pour rallier cette attitude révolutionnaire que fut composée cette parodie de la Marseillaise.


Allons ! enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé;
D'une trop longue tyrannie
Le sceptre de fer est usé
Entendez-vous tomber les chaînes
Des deux braves concitoyens ?
Le remords brise leurs lien.
Campagnard, citadins, formez vos bataillons !
Partons ! Marchons ! Qu'un peuple entier suive nos pavillons !
Mais peuple souverain silence !
Voici venir tes défenseurs.
Fais tonner ta mêle éloquence,
Grêler tes coups de poing vainqueurs !
Peins la liberté, ses miracles ;
Voilà ses martyrs parmi nous.
Qu'ils ne pensent plus aux verrous !
Et soient sans cesse nos oracles !
Campagnard …
Enfin le drapeau tricolore
Vient se déployer à nos yeux !
Sur ce sol va-t-il donc encore
En héros transformer des gueux ?

Il n'y avait plus à le cacher : Les patriotes voulaient l'indépendance et leur premier geste solennel fut de convoquer à Saint-Charles-sur-le-Richelieu, le 23 octobre, une assemblée des six comtés de Rouville, Richelieu, Saint-Hyacinthe, Chambly, Verchères et l'Acadie.

Au jour fixé, plus de cinq mille personnes étaient réunies dans le petit village, en face d'une estrade où avaient pris place Nelson, Storrow-Brown, Girod, Louis-Michel Viger et Papineau.

Tout près, s'élevait une colonne surmontée d'un bonnet phrygien. Drapeaux et banderoles et pancarte portaient de brèves, mais flamboyantes inscriptions qui résumaient les griefs et les demandes.

Le tricolore de la révolution dominait et l'on ne devait pas se séparer avant d'avoir planté l'arbre symbolique de la liberté.

Les orateurs furent au diapason de la foule. Les uns après les autres, ils proclamèrent, dans cette langue emphatique de l'époque, qu'il n'y avait plus aucun redressement possible et qu'il n'y avait plus de justice à espérer que de violence.

Wolfred Nelson se montra particulièrement intraitable. "Le temps est venu, s'écria-t-il, de fondre nos cuillères en balles de plomb."

Papineau, par contre, comme s'il eût commencé à voir clair, s'efforça de tempérer l'effet de discours qu'il n'avait pas peu contribué à inspirer, se déclara de nouveau opposé à la violence, recommanda l'emploi de moyens constitutionnels et le boycottage des produits anglais.

La foule en éprouva une amère déception ; mais il était trop tard pour retenir sur la pente où les chefs patriotes l'avaient engagée. L'assemblée ne se sépara qu'après avoir adopté une série de résolutions dont plusieurs étaient franchement séditieuses, car elles tendaient ni plus ni moins à la formation d'un état dans l'État en attribuant aux réformistes des six comtés le droit d'organiser des tribunaux et un corps de milice, de choisir les fonctionnaires, D'élire les juges de paix et des officiers.

Un Comité central permanent devait être bientôt ouvert dans le comté des Deux-Montagnes poue exécuter les décisions de l'assemblée de Saint-Charles.


Source : Histoire du Canada pour tous, Jean Bruchési.

Sources : Comité des Patriotes de Saint-Philippe de La Prairie
3055, R.R. 217
Saint-Philippe (Québec) J0L 2K0
Tél.: (450) 659-3616
M. Gérard Laframboise, Président et éditeur du Journal La Nation


 

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