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Ludger Duvernay

Ludger Duvernay,  fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, naquit à Verchères, le 22 janvier 1799 et mourut à Montréal, le 28 novembre 1852. Il était le fils de Joseph Crevier dit Duvernay, cultivateur maître-menuisier, de Verchères, et de Marie-Anne-Julie Robert de la Monrandière. Son grand-père paternel y avait été notaire royal.

Il étudia d'abord à l'école primaire de sa paroisse natale. Alors qu'il n'avait que quatorze ans, son père l'engagea à Montréal comme apprenti typographe pour Charles-B Pasteur, imprimeur du Spectateur.

C'est là qu'il apprit à aimer le journalisme. Agé de dix-huit ans seulement, il lançait La Gazette des Trois-Rivières. Ce n'était pas une mince affaire que de publier un journal à cette époque, alors que la population était relativement clairsemée, surtout les lecteurs. Duvernay fonda aussi successivement le Constitutionnel et L'Argue, toujours aux Trois-Rivières. Il fut, en outre, de 1819 à 1826, inspecteur des ponts et chemins ainsi que chef de pompier de cette ville. Cela donne une idée de ses talents variés et son esprit d'entreprise.

Mais, en 1827, il achetait de Auguste-Norbert Morin le journal La Minerve, fondé par ce dernier l'année précédente. Cet hebdomadaire devait devenir «l'arme de combat de Papineau, l'instrument de pacification de la Fontaine et le bouclier de Cartier». A.-N. Morin lui écrivait: «On regarde ce journal, surtout parmi la jeune génération, comme étant par excellence, le papier du pays».

Son propriétaire n'y allait pas de main morte pour dénoncer les abus des bureaucrates, surtout du Conseil législatif formé en grande majorité d'ennemis des Canadiens français. En 1828, il fut emprisonné pour avoir protesté dans son journal contre leurs agissements. Pour les mêmes raisons, il devait l'être de nouveau en 1832 et en 1836. «Il entrait et sortait de prison entouré d'une auréole de défenseur du peuple, à l'état de grand homme déjà coulé dans le bronze dans l'imagination populaire». (Benjamin Sulte). Il fut élu député de Lachenaie en 1837 et dût s'exiler à Burlington (Vermont), où il lança le Patriote Canadien. Revenu à Montréal en 1842, il publiait de nouveau La Minerve, qui n'avait pas paru durant son absence. Duvernay demeura cependant célèbre surtout par son titre de fondateur de notre Société Nationale, le 24 juin 1834. Il n'en fut cependant pas le premier président. Il devait exercer cette fonction en 1851 ainsi que l'année de sa mort.

Nous lui devons aussi d'avoir proposé, le soir même de cette fondation, la feuille d'érable qui décorait les tables, comme emblème du Canada. C'est une des principales raisons pourquoi la feuille d'érable doit être à la boutonnière le 24 juin.

Duvernay, épousa à Louiseville, Marie-Reine-Anne Harnois, fille du capitaine Augustin Harnois et de Josephte Desjarlais; celle-ci mourut en 1844 ayant donné le jour à huit enfants. Son fils, Napoléon, devait continuer la publication de La Minerve, après sa mort.

Les funérailles de Ludger Duvernay à l'église Notre Dame de Montréal, furent les plus imposantes jamais vues jusque-là. Les sommités de l'heure y assistaient, de même que les officiers et membres de la Société Saint-Jean-Baptiste et ceux de plusieurs autres associations. Ses porteurs furent Louis-Hippolyte La Fontaine, Joseph Bourret, C.-S. Cherrier, T. Peltier, R. Trudeau, E.-R. Fabre, J.-L. Beaudry et P. Jodoin.

Lorsque, trois ans après, (1854), il y eut translation des restes au nouveau cimetière de la Côte-des-Neiges, une manifestation semblable se déroula. Les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal érigèrent sur sa tombe une obélisque, que longtemps après l'on prit le soin de fleurir chaque année. L'on s'y rendait comme à un pèlerinage pour rendre hommage à celui qui, toute sa vie, s'était dépensé pour que les siens puissent jouir de la liberté dans leur pays.

Son buste, ou tout au moins son image, devrait être à la place d'honneur dans la salle des réunions des Sociétés Saint-Jean-Baptiste.


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